
Les Sorcières de North Hampton




Par Karen Valby.
La première année de mariage, c’est d’enfer ! Dans Le Livre perdu des sortilèges, son premier roman, qui a remporté un immense succès, Deborah Harkness présentait au lecteur Diana, une historienne à l’intelligence remarquable dont la sagesse s’étend à tous les domaines sauf à ses pouvoirs magiques latents, et Matthew, un vampire de 1 500 ans dont le sex appeal n’a d’égal que ses sautes d’humeur. Les deux héros avaient été happés par le jeu de l’amour et du mariage. C’est là que reprend L’Ecole de la Nuit, le deuxième tome de la série de Deborah Harkness. A la recherche d’un manuscrit connu sous le seul nom d’ « Ashmole 782 », censé contenir des réponses concernant leur amour interdit ainsi que les pouvoirs de Diana et sa lignée, les jeunes mariés voyagent dans le temps, pour finalement se retrouver dans l’Angleterre du XVIè siècle. Le plaisir que l’auteur, elle-même historienne, éprouve à revisiter le passé transparaît dans chaque page du roman.
Dans la première partie du livre, Diana reste béate d’admiration devant les amis de Matthew, dont les poètes Sir Walter Raleigh ou encore Christopher Marlowe, en même temps qu’elle s’adapte à sa nouvelle vie dans l’Angleterre élisabéthaine (en apprenant notamment à lacer son corset et à écrire avec une plume d’oie parfaitement taillée et de l’encre). Au début, l’intrigue peine quelque peu à démarrer (on aurait aimé que le réviseur du texte prenne son stylo magique plus souvent). Mais quand le couple rend visite à Philippe, le père lunatique de Matthew, l’histoire finit par trouver son rythme. Et le lecteur succombe au sort jeté par l’auteur, qui l’enchante et parvient à lui faire lire en un clin d’œil ce livre de six cents pages.
Il est facile de s’identifier à Diana et Matthew, dont les tentatives pour s’adapter à leurs nouveaux rôles de mari et femme sont source de chamailleries fort divertissantes. Le lecteur, après un livre et demi d’attente, peut enfin se délecter d’une scène torride entre les deux amants. Et au cours d’une conversation hilarante dans laquelle Deborah Harkness joue sur la comparaison que l’on pourrait établir entre ses livres et Twilight, Diana tente d’expliquer à Matthew la représentation des vampires dans la culture pop. « Tu serais surpris du nombre de femmes qui rêvent d’avoir un petit copain vampire », dit-elle ainsi à son mari sceptique.
Le livre trouve son apogée non pas entre les draps, mais dans la quête de plus en plus effrénée des deux héros, qui cherchent à mettre la main sur un Ashmole 782 qui ne cesse de se dérober à eux. Leurs recherches les mèneront dans toute l'Europe, de la cour de la reine Elizabeth au laboratoire de Mary Sidney, en passant par le lugubre et magnifique Château de Prague. Au cours de leurs pérégrinations, ils croiseront le chemin d’alliés de valeur (la sorcière Goody Alsop mériterait d’être l’héroïne de son propre livre, de même que Annie et Jack, deux vulnérables enfants des rues de Londres que le couple prend sous son aile) et combattront les ennemis les plus terrifiants qui soient. Comme toute histoire d’amour, L’Ecole de la Nuit connaît des hauts et des bas. Mais le jeu en vaut largement la chandelle.
Voici les premières lignes de L’Ecole de la Nuit : « Notre arrivée fut un pêle-mêle de sorcière et de vampire tout à fait indigne. Matthew était sous moi, son interminable carcasse chiffonnée dans une position bizarre, ce qui n’était guère son genre. Nous avions un gros livre coincé entre nous, et dans la violence de l’impact, la petite figurine en argent que je tenais avait volé de l’autre côté de la pièce.».
Découvrez l'article original ici.
Ah mais comment t'as pu le lire avant nous ? C'est pas juste, 1 an qu'on attend la suite!! Heureusement ça arrive !!
On peut marchander pour l'avoir un peu plus tôt ? ;)