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Interview: Rachel Aaron

Interview: Rachel Aaron

Jeudi 12 Janvier 2012
Rachel Aaron nous parle du Voleur aux esprits, premier tome de La légende d'Eli Monpress

Avez-vous toujours voulu être écrivain ?

Oui et non. J’ai toujours voulu raconter des histoires mais j’ai travaillé sur d’autres supports avant d’en venir à l’écriture de romans. J’ai longtemps (surtout au collège et au lycée) voulu faire des mangas. Malheureusement mon talent artistique n’a jamais été à la hauteur de mes ambitions. Je suis finalement vraiment heureuse d’écrire des romans et de pouvoir ainsi raconter de plus longues histoires, ce que je n’aurais pu faire de la même façon dans les cases d’un manga. Et surtout personne ne peut plus se moquer de mes dessins !
 
Quand vous n’écrivez pas, quels sont vos autres centres d’intérêt ?

Je suis une vraie geek. Je joue aux jeux vidéo, je lis tous les romans de Fantasy et tous les mangas qui me tombent sous la main. Je confesse aussi une passion coupable pour les émissions de télé trashs, de téléréalité, sur la police par exemple. On en apprend tellement sur la nature humaine en regardant un gars torse nu, bourré, tentant de justifier le fait qu’il n’a pas son ticket (de métro, son billet de train, etc.).
 
Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Tout m’inspire : ce que je lis, ce que je regarde, la vie et les lieux quotidiens. Un de mes jeux favoris consiste à partir d’une idée que j’aime déjà (comme un plan bien ficelé et intelligent mis au point par un séduisant voleur !) et d’y ajouter de la magie. C’est souvent un super point de départ pour toutes les histoires. Il y a aussi les idées qui me viennent quand je suis en train de faire autre chose… Toutes ces idées sont sélectionnées et naturellement triées, et les meilleures sont réinjectées dans mes romans, si elles y ont leur place. Récemment un rebondissement parmi les plus réussis de mes romans, à mon avis, m’est venu tandis que je cherchais une autre idée. On a parfois l’impression de se tracasser beaucoup pour juste un peu d’effet en plus, mais les moments « hey, cette idée est bonne ! » sont ce qui fait que la fiction, surtout celle de genre, est aussi fun à écrire.
 
Comment avez-vous construit l’idée centrale du Voleur aux Esprits ?

Tout a commencé, bien entendu, avec le personnage d’Eli. Il ne vient pas directement de moi mais du personnage de Donjons et Dragons d’un des copains de mon mari. Il jouait un voleur dont le but dans la vie est de valoir un million en or. J’adorais ce personnage, il m’obsédait. Un voleur dont la principale occupation serait d’essayer de faire monter la rançon sur sa tête ? Pourquoi ferait-il cela ? À quoi ressemblerait-il ? C’est ainsi qu’Eli est entré dans ma vie et qu’il s’est mis à parler à une porte (NdT : voir le début du roman). Tout a été facile ensuite. Les autres personnages ont nécessité plus d’aménagements, parfois radicaux, avant de tenir le rôle qu’ils jouent actuellement dans l’histoire. Miranda, par exemple, était à l’origine la voleuse rivale d’Eli. Elle a tenu comme ça environ un chapitre avant que je prenne conscience que cette fille avait beaucoup trop le sens du devoir pour voler quoi que ce soit. Après quelques tentatives avortées, elle est finalement devenue flic à la Cour, en quelque sorte, et la Cour des Esprits a émergé de mon besoin d’apporter un cadre à sa fonction. Ce fut un grand bouleversement et je n'ai jamais été aussi heureuse de me tromper sur un personnage. Josef, quant à lui, a été un ajout de dernière minute. Il a vu le jour parce que j'avais besoin de quelqu'un pour porter le Cœur de la Guerre, le seul cas où l'épée a vraiment choisi son possesseur à chaque niveau.
C’était une formidable expérience et je suis très heureuse du casting final. Il a évolué naturellement, comme le concept à l’origine du livre. J'avais donc un voleur et un flic, j’avais besoin d'un crime, et quoi de mieux comme crime que de kidnapper un roi ? Mais comme rien ne peut jamais se passer comme prévu, le roi devait avoir un frère odieux qui attendait en coulisses. Une fois tous ces éléments posés, le roman a trouvé son propre rythme.
 
Quand vous avez commencé à écrire, aviez-vous prévu d’écrire une série ou est-ce le fruit du hasard ?

J’ai essayé de tout mettre dans un seul livre. Sincèrement. J’avais lu sur des blogs d’éditeurs que les nouveaux auteurs ne devaient pas se lancer dans des séries, que ce n’était pas commercial, j’étais donc bien décidé à faire du Voleur aux Esprits un roman indépendant. J’ai même essayé de convaincre mon futur agent que c’était un roman indépendant. Il n’en a pas cru un mot. J’ai fini par admettre que c’était le premier roman d’une série et tout s’est très bien passé ! Je suis certes l’auteur du livre, mais celui-ci a vraiment vécu sa vie à partir de là. Je n’aurais pas plus pu en faire un roman indépendant que lui apprendre à laver la vaisselle. Parfois, il faut appeler un chat un chat…
 
Le pouvoir magique d’Eli – la capacité à communiquer avec des objets inanimés – est quelque chose d’assez nouveau et de fascinant. Comment vous est venue cette idée ?

Comme je vous l’ai dit, je suis une geek, et l'un des trucs bien ringards que j’aime faire, c’est d’inventer des systèmes de magie. J'en ai des tonnes qui traînent, en attente d’une histoire, mais celui de la série d’Eli Monpress semblait taillé sur mesure pour quelqu'un dont le principal superpouvoir est de parler aux gens (et maintenant aux objets) pour les amener à faire ce qu’il désire. J'ai toujours aimé l'idée de communiquer avec les objets. Pas seulement avec des épées ou des objets importants, mais avec des objets stupides, banals comme des pots ou des cheminées. Je voulais créer un monde où tout peut vous parler, si vous savez écouter, et dans lequel les humains ne sont pas toujours l’espèce privilégiée. Nous sommes une jolie bande de grincheux, après tout. Je suis sûre que mon canapé ne m’apprécie pas plus que ça !
 
Avez-vous un personnage préféré ? Si oui, lequel et pourquoi ?
 
Eli, sans hésitation ! Il est de loin le plus amusant à raconter. Josef vient juste après parce que j'adore le franc-parler des épéistes, suivi de Gin, car il est lui aussi un soldat sans langue de bois. Miranda occupe également une place particulière dans mon cœur. Elle se bat tellement dur…
 
Que réservez-vous à Eli et sa bande dans votre prochain roman, La Révolte des Esprits ?
 
Tout s’est relativement bien passé pour Eli et les autres à Mellinor, mais à présent ils vont s’aventurer hors de Mellinor, dans ce vaste monde où tout est beaucoup plus compliqué… Après tout, comme Eli ne rate jamais l’occasion de le souligner, la rançon sur sa tête est très élevée. Mais l'argent attire l'attention, et cette attention rendra de simples braquages infiniment plus dangereux à commettre. Heureusement Eli a encore pas mal d’atouts dans sa manche… Dommage que la subtilité ne soit pas l’un de ses points forts ! Pendant ce temps, Miranda devra faire face aux conséquences du fait que non seulement elle n’a pas réussi à attraper Eli à Mellinor, mais aussi qu’elle a fini par l'aider. Disons simplement que son retour à la Cour des Esprits ne se passera pas de la façon chaleureuse et joyeuse à laquelle elle était habituée.
 
Enfin, quel a été pour vous le meilleur moment dans les étapes de publication de votre livre ?
 
Sans hésitation les réactions des lecteurs. À l'époque où j'ai écrit Le Voleur aux Esprits, je le donnais à lire à mes amis et à ma famille, mais j’avais toujours du mal à les croire quand ils me disaient qu'ils appréciaient l’histoire.  Je pensais « bon, ils me disent ça seulement parce qu'ils n’ont pas le choix ou qu’ils ne veulent pas me blesser ». Ensuite j'ai commencé à soumettre mon roman à des agents, et même si j'ai eu beaucoup de refus, on m’a aussi demandé la suite. Un jour j'ai reçu une lettre de l’assistante de mon agent actuel, la merveilleuse Lindsay Ribar. Elle avait lu les premières pages du Voleur aux Esprits et elle voulait en lire plus. Quiconque qui a déjà essayé de publier ou a été confronté à la loi de l’offre et de la demande comprendra le sentiment d'exaltation que j'ai alors ressenti. Il existait quelqu’un, quelqu’un d’excessivement occupée et qui n’a généralement même pas le temps de dire bonjour, qui souhaitait lire ce que j’avais écrit… Une professionnelle de l'édition était en train de me sortir de l’indifférence et de me retenir sur les centaines d'autres pages des centaines d’autres auteurs qui existaient, et qui aimait suffisamment ce que j’avais écrit pour m’envoyer un e-mail pour en demander plus… C'était un sentiment fantastique. J'avais encore un long chemin à parcourir après cela, bien sûr. Le roman que vous tenez entre vos mains est le fruit d’un travail long et patient impliquant beaucoup de personnes merveilleuses, passionnées par les livres, notamment mon agent et l’équipe d’Orbit (US). Sans leurs remarques, le temps et l'attention qu’ils m’ont consacrés, le Voleur aux Esprits ne serait jamais devenu ce qu'il est. C'est la partie de l'édition qui ne perd jamais son éclat, le fait que ces gens géniaux sont prêts à donner leur temps et à accorder leur attention à ma petite histoire stupide d’un voleur qui parle aux portes… Chaque fois que j'y pense, je suis à la fois profondément touchée et ravie, et déterminée à travailler dur pour donner le meilleur. Ce sentiment de travailler de concert et de faire partie d'une équipe est certainement une des étapes que je préfère dans la publication d’un livre.
 

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