Skip to Content

La magie comme ressort narratif, par Brandon Sanderson, dernière partie.

La magie comme ressort narratif, par Brandon Sanderson, dernière partie.

Lundi 25 Juillet 2011
« Sanderson’s first law » - « La Première leçon de Sanderson »

 Après avoir énoncé sa « première leçon » (voir ICI), et en avoir montré les applications les plus extrêmes (Tolkien d’un coté et Asimov de l’autre) (voir ICI), Brandon Sanderson nous donne des exemples de romans qui sont au centre de l’éventail de l’utilisation de la magie dans l’intrigue, ainsi que sa propre manière de s’approprier cette « leçon ».
 
 
 Le juste milieu
 
La plupart des auteurs se situent quelque part entre ces deux extrêmes. Harry Potter, de J.K. Rowling est un bon exemple de romans que je pense être proches du point central. Chaque tome souligne certaines des lois, règles et idées de la magie de ce monde. Elles sont rarement transgressées et sont souvent importantes au paroxysme de l’intrigue. Cependant, si l’on regarde le cycle dans son ensemble, on ne comprend pas vraiment les capacités de la magie. L’auteur rajoute des règles à chaque nouveau livre, élargissant le système, se contredisant à certains moments et oubliant parfois de manière bien pratique une capacité qu’avait un personnage dans un tome précédent. Ces écarts ne sont pas très importants et chaque livre est généralement cohérent. 
 
Je pense que J.K. Rowling équilibre bien tout ça, en fait. Dans les détails, sa magie est dure, mais quand on regarde l’ensemble de la saga, elle est plutôt douce. Cela lui permet d’utiliser la magie pour résoudre des conflits tout en maintenant un grand sens du merveilleux dans ses romans. 
 
Je considère que mes systèmes de magie sont à 80% durs, peut-être un peu plus. Ma propre manière de faire est de développer un système de magie compliqué qui peut être expliqué aussi simplement que possible, mais qui possède un arrière plan important et un grand nombre de règles sous-jacentes. La plupart des mécanismes ne sont pas expliqués dans les livres, surtout au début. Les personnages ont une bonne compréhension de la magie, mais ils n’en comprennent que rarement toutes les subtilités. C’est surtout le cas parce que je traite ma magie comme une science et que je crois qu’on ne parviendra jamais à en saisir toutes les lois. C’est en partie aussi me permettre de faire figurer des découvertes et des révélations dans mes romans. J’aime le mystère plus que le mysticisme. 
 
Prenons le cycle Fils-des-Brumes : dans cette saga, j’expose de nombreuses règles de la magie puis je donne quelques exceptions inexpliquées ou incohérentes que je prévois d’expliquer dans les volumes suivants. Les interactions entre les différentes lois magiques sont vitales pour comprendre les points majeurs de l’intrigue.
 
 
Comment utiliser cette leçon ?
 
Si vous êtes un écrivain qui travaillez sur son système de magie en Fantasy, je vous suggère de décider d’abord quel genre d’atmosphère vous voulez pour votre magie. Est-ce que vous aimez la technico-magie comme ce que vous trouvez dans mes livres ou dans ceux de L.E. Modesitt et Melanie Rawn ? Est-ce que vous aimez la magie hybride que vous trouvez dans les œuvres de David Eddings ou J.K. Rowling ? Ou préférez-vous que votre magie soit vague et mystérieuse, comme ce que vous pouvez voir dans les livres de Tolkien ou George R.R. Martin ? Personnellement, j’aime lire le travail de tous ces auteurs, mais quand j’écris, je préfère avoir des règles et des lois pour faire fonctionner ma magie : ça rend les choses plus marantes à écrire pour moi.
 
Qu’est-ce qui est le plus intéressant à écrire pour vous ? Quelle ambiance ou sensation semble le mieux fonctionner avec le livre que vous êtes en train d’écrire ? (J’ai surtout écrit de la magie dure, mais ma série jeunesse est relativement plus douce, peut être 50/50. C’est en partie à cause de la nature délirante de ces romans, mais aussi parce que je voulais que le lecteur ait le même sentiment que le personnage d’être jeté dans un monde étrange qu’il ne comprend pas.)
 
Résistez à l’envie d’utiliser la magie pour résoudre les problèmes sauf si vous avez déjà expliqué et montré cet aspect du fonctionnement de la magie. Ne donnez pas à vos héros un nouveau pouvoir à chaque fois qu’ils en ont besoin et faites attention à ne pas écrire de lois dans votre système juste parce que votre personnage en aura besoin dans une situation particulière (ça risque de rendre votre magie fragile et opportuniste, même si, dans les faits, vous AVEZ décrit ces aspects auparavant).
 
Quand vous avez un système de magie dure, quand votre personnage rencontre un problème, demandez-vous : « Comment les personnages peuvent-ils utiliser ce qu’ils savent déjà sur la magie pour s’en sortir ? ». Ensuite, faites-les utiliser ce qu’ils ont au lieu de leur donner quelque chose en plus. Tout ça vous permet de faire une histoire plus intéressante, de forcer vos personnages à déployer leurs ailes et de rendre la lecture plus intéressante. 
 
Quand vous avez un système de magie douce, demandez-vous : « Comment les personnages peuvent-ils résoudre ça sans magie ? » et « Comment le fait d’essayer de résoudre ce problème par la magie peut faire empirer les choses ? » Par exemple : la Communauté de l’Anneau se repose sur Gandalf pour les sauver du Balrog. Résultat : Gandalf disparaît pour le reste de ce livre.
 
Tout le monde : faites des expériences et trouvez ce qui vous plait, et faites en sorte que ça fonctionne pour vous.
 

Ajouter un commentaire

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ ne sera pas montré publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question est pour vérifier l'authenticité de votre enregistrement.
5 + 1 =

Veuillez répondre à cette simple question d'arithmétique. Par exemple : pour 1+3, saisissez 4.