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L’auteur de Fils-des-Brumes explique sa vision de la magie.

L’auteur de Fils-des-Brumes explique sa vision de la magie.

Mardi 12 Juillet 2011
« Sanderson’s first law » - « La Première leçon de Sanderson »

 
Brandon Sanderson est un auteur qui aime parler de son travail. Nous avons déjà, sur le site d’Orbit, traduit plusieurs de ses commentaires, que ce soit sur les titres de ses livres où les cartes qui les illustrent. 


Aujourd’hui, nous vous proposons la traduction d’un texte écrit en 2007 par l’auteur d’Elantris et disponible en anglais sur son site : « Sanderson’s first Law », La Première leçon de Sanderson. L’écrivain nous parle ici de la construction d’un système de magie. Ce texte étant relativement long, il nécessitera plusieurs posts d’ici à la fin du mois. 
 
 
Introduction
 
J’aime les systèmes de magie. C’est probablement évident pour ceux d’entre vous qui ont lu mon travail. Dans un livre, ce qui m’attire le plus est un système de magie solide, intéressant et novateur. Certes, les personnages sont ce qui rend une histoire puissante au niveau de la narration, mais la magie est en grande partie ce qui fait de la Fantasy un genre spécifique.
 
Depuis quelques temps maintenant, je me penche sur les différentes théories étudiant les systèmes de magie. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte à ce sujet. En tant qu’écrivain, je veux un système qui soit sympa à écrire. En tant que lecteur, je veux quelque chose qui soit sympa à lire. En tant que conteur, je veux un environnement narrativement solide mais qui laisse de la place pour le mystère et la découverte. Un bon système de magie devrait à la fois être visuellement attractif et convenir à l’ambiance de l’histoire. Il doit à la fois faciliter la narration et fournir une source de conflit.
 
J’aimerais aborder le concept de magie dans plusieurs textes différents, qui détailleraient chacun une des « leçons » que j’ai développées pour expliquer ce qui, à mon avis, rend efficace un système de magie. Comme toujours, ce n’est que mon avis. Même si je les appelle « leçons », ce n’est rien de plus que des lois qui ont fonctionné pour moi. De même que parfois, il est bon de violer les règles de la grammaire, les auteurs peuvent ne pas suivre mes théories et écrire tout de même de bons livres. Cependant, je pense qu’en les suivant, vous pouvez développer dans vos livres une magie plus puissante et mémorable.
 
 
La Leçon
 
La Première Leçon de Sanderson relative à la magie : 
 
« La possibilité pour l’auteur de résoudre un conflit par la magie est directement proportionnelle à la manière dont le lecteur comprend cette magie. »
 
Quand j’ai demandé à figurer au programme de ma toute première WorldCon (après la vente d’Elantris, mais avant sa publication), j’ai vu qu’ils organisaient une table ronde « Comment fonctionne la magie ? ». C’est avec enthousiasme que j’ai dit à quel point je voulais en faire partie et, à ma grande joie, l’organisation m’y a inscrit.
 
C’était ma toute première table ronde à la convention. Je suis arrivé les yeux rouges après un vol prolongé de l’Utah vers Boston, mais je suis parvenu à l’avant de la salle, mes notes et mes idées préparées, prêt à dégainer. J’étais assis à une extrémité de la salle et j’ai donc été le premier à parler quand le modérateur a demandé : « OK, je commence par une question facile : comment la magie est-elle sensée fonctionner ? »
 
J’ai dit quelque chose qui, pour moi, allait de soi ; après tout, je l’avais lu dans le livre d’Orson Scott Card (dont je recommande particulièrement le chapitre sur la magie) et je l’avais utilisé comme règle de base pendant un certain temps. C’était la chose que je tenais pour la première lleçon des systèmes de magie.
 
« Eh bien, ai-je dit, il est clair que la magie doit avoir des règles. »
 
…Et tous, autour de la table ronde, m’ont contredit violemment : « Si vous étiquetez tout un tas de règles et de limites pour votre magie, m’ont-ils expliqué, vous perdez tout l’émerveillement ! La Fantasy, c’est l’émerveillement ! Vous ne pouvez pas vous restreindre, vous ou votre imagination, en créant des règles sur la magie ! »
 
J’étais abasourdi. Tout d’un coup, j’ai pris conscience que la majorité de ce que j’avais lu était écrit par des gens qui aimaient un certain genre de magie. Je me suis rendu compte qu’il existait une école de pensée qui avait une toute autre opinion à ce sujet. J’ai lutté pour me défendre contre tout le reste des intervenants et je suis reparti en pensant qu’ils devaient tous avoir un système de magie particulièrement faible dans leurs livres. 
 
J’y ai, par la suite, à nouveau réfléchi. Quelqu’un qui faisait les choses d’une autre manière que la mienne ne pouvait-il pas inventer une bonne histoire ? Ne pouvait-on pas avoir de la magie sans expliquer plein de règles et de lois à son propos ? Tolkien n’avait pas vraiment expliqué sa magie, par exemple.
 
Pourtant, si une histoire n’a pas de règles et de lois pour sa magie, ne risque-t-elle pas d’avoir des solutions et rebondissements « Deus Ex Machina » ? Depuis les débuts de la Fantasy en tant que genre, une des principales critiques que l’on peut faire à son égard est son manque de consistance. John Campbell, l’un des éditeurs les plus importants et influents de l’histoire de la SF a dit un jour : 
 
« La plus grande distinction entre la Fantasy et la Science Fiction réside dans le fait que la SF utilise un postulat, parfois plusieurs et qu’elle développe des conséquences qui sont rigoureusement et logiquement conformes à ces quelques postulats.  La Fantasy, en revanche, élabore ses règles au fil de l’histoire. La nature fondamentale de la Fantasy serait plutôt « La seule règle, c’est d’en créer une nouvelle quand on en a besoin ! » La règle de base de la SF est « Élaborez un postulat basique et développez ses conséquences de manière rigoureuse et logique » »
 
Je suis en total désaccord avec cela mais, pour la défense de M. Campbell, la Fantasy a parcouru un long chemin depuis les années 60 (au moment où il a écrit ceci dans « Analog »). La Fantasy ne doit plus obligatoirement être faite d’histoires dans lesquelles les auteurs ne font qu’inventer ce dont ils ont besoin. Quoi qu’il en soit, il me semble que c’est une critique à laquelle les auteurs de Fantasy doivent être particulièrement attentifs. Si nous nous laissons aller à ne faire que fabriquer des nouvelles lois quand nos personnages en ont besoin, nous finirons par créer des histoires qui ne seront plus seulement insatisfaisantes et sans intérêt, mais simplement mauvaises.
 
Retrouvez la suite de ce texte de Brandon Sanderson la semaine prochaine en Orbit.
 
Edit : La deuxième partie est ICI et la troisième est LA !
 
 

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